Le far breton s’impose comme l’une des pâtisseries les plus emblématiques de la gastronomie bretonne. Ce flan dense et généreux, parsemé de pruneaux moelleux, traverse les générations sans prendre une ride. Dans les années 1950 et 1960, ce dessert rustique garnissait les tables familiales du dimanche, offrant aux enfants un moment de pure gourmandise après le repas. Sa texture unique, entre le clafoutis et le flan, son parfum de vanille et la douceur sucrée des pruneaux en font un classique indémodable. Aujourd’hui encore, la simple évocation de son nom suffit à réveiller des souvenirs d’enfance chez nombre de Français. Cette recette traditionnelle ne nécessite que des ingrédients simples et accessibles, preuve que la grande pâtisserie n’exige pas forcément des produits rares ou onéreux. Le far breton illustre parfaitement cette cuisine du terroir, généreuse et sincère, qui privilégie le goût authentique à l’artifice. Préparer ce dessert chez soi, c’est renouer avec une tradition culinaire séculaire et offrir à ses proches un voyage gustatif dans la Bretagne d’autrefois.
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50
facile
€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparation des pruneaux
Commencez par placer les pruneaux dénoyautés dans un petit bol. Arrosez-les avec le rhum ambré et laissez-les macérer pendant au moins 30 minutes. Cette étape permet aux fruits secs de s’imprégner des arômes du rhum et de se gorger d’humidité, ce qui les rendra encore plus moelleux une fois cuits. Si vous préparez votre far à l’avance, vous pouvez même laisser macérer les pruneaux plusieurs heures, voire toute une nuit au réfrigérateur. Les pruneaux absorberont davantage de rhum et développeront des saveurs plus intenses.
2. Préparation du moule
Préchauffez votre four à 180 degrés Celsius en chaleur tournante (mode de cuisson qui répartit uniformément la chaleur grâce à un ventilateur). Pendant ce temps, beurrez généreusement votre moule à manqué de 24 centimètres de diamètre avec une partie du beurre demi-sel. Veillez à bien enduire le fond et les parois pour éviter que la préparation n’accroche lors du démoulage. Cette étape est cruciale pour obtenir un far qui se démoule facilement et conserve une belle présentation.
3. Réalisation de l’appareil à flan
Dans un grand saladier, versez la farine tamisée (passée au tamis pour éliminer les grumeaux) et ajoutez le sucre en poudre ainsi qu’une pincée de sel. Mélangez ces ingrédients secs à l’aide d’un fouet pour bien les répartir. Creusez ensuite un puits au centre de ce mélange, technique classique qui facilitera l’incorporation progressive des ingrédients liquides. Cassez les quatre œufs dans ce puits et commencez à battre doucement au fouet manuel, en incorporant petit à petit la farine depuis les bords vers le centre.
4. Incorporation du lait
Faites tiédir le lait dans une casserole sans le porter à ébullition. Il doit être juste chaud au toucher, autour de 40 degrés. Versez progressivement ce lait tiède sur votre mélange œufs-farine-sucre, tout en fouettant énergiquement pour éviter la formation de grumeaux. L’ajout progressif du liquide garantit une pâte parfaitement lisse et homogène. Ajoutez ensuite l’extrait de vanille liquide et le beurre demi-sel fondu restant. Continuez de fouetter jusqu’à obtenir une préparation fluide et brillante, comparable à une pâte à crêpes épaisse.
5. Assemblage et cuisson
Versez la moitié de votre appareil à flan dans le moule beurré. Répartissez ensuite les pruneaux égouttés de manière harmonieuse sur cette première couche de pâte. Recouvrez délicatement avec le reste de l’appareil en veillant à ce que les pruneaux restent bien répartis dans le moule. Certains remonteront naturellement à la surface pendant la cuisson, créant ce motif caractéristique du far breton. Enfournez immédiatement pour 50 minutes de cuisson. Le far est prêt lorsque sa surface affiche une belle couleur dorée et qu’une lame de couteau plantée au centre ressort propre.
6. Refroidissement et dégustation
À la sortie du four, laissez le far tiédir dans son moule pendant au moins 20 minutes. Cette étape de repos permet à la texture de se raffermir légèrement et facilite grandement le démoulage. Le far breton se déguste traditionnellement tiède ou à température ambiante, jamais brûlant. Sa texture dense et fondante s’apprécie pleinement lorsqu’il a eu le temps de reposer. Vous pouvez le conserver plusieurs jours au réfrigérateur, recouvert d’un film alimentaire, et le réchauffer quelques secondes au micro-ondes avant de servir.
Mon astuce de chef
Pour un far encore plus authentique, n’hésitez pas à augmenter légèrement la quantité de pruneaux jusqu’à 200 grammes. Certains puristes bretons préfèrent même un far très généreux en fruits. Si vous trouvez le rhum trop prononcé, vous pouvez le remplacer par du jus d’orange ou simplement de l’eau. Pour vérifier la cuisson parfaite de votre far, observez les bords : ils doivent se détacher légèrement des parois du moule et la surface doit présenter de jolies craquelures dorées. Si vous aimez les contrastes de textures, saupoudrez quelques grains de sucre perlé sur le dessus avant d’enfourner : ils créeront une fine croûte croustillante très agréable. Enfin, sachez que le far se bonifie avec le temps et développe davantage de saveurs le lendemain de sa préparation.
Cidre breton ou thé noir corsé
Le far breton s’accompagne idéalement d’un cidre breton demi-sec, dont les notes fruitées et la légère acidité contrebalancent parfaitement la densité sucrée du dessert. Cette association respecte la tradition bretonne et crée un accord régional cohérent. Pour une version sans alcool, optez pour un thé noir corsé type Assam ou un thé fumé qui apportera du caractère face à la douceur du flan. Un café allongé bien chaud constitue également un excellent choix, particulièrement apprécié au goûter. Les amateurs de boissons lactées pourront se tourner vers un verre de lait entier bien frais, rappelant les goûters d’autrefois.
L’info en plus
Le far breton trouve ses origines dans la cuisine paysanne de Bretagne, où il était préparé avec les ingrédients du quotidien : farine de blé noir initialement, œufs, lait et fruits secs. Son nom viendrait du latin farinam, signifiant farine, ou du breton farz désignant une bouillie épaisse. Historiquement, ce dessert constituait un moyen astucieux d’utiliser les restes de pâte à crêpes et de valoriser les pruneaux, fruits secs qui se conservaient longtemps dans les garde-manger bretons. Au fil du temps, la recette s’est affinée et standardisée, passant de la farine de sarrasin à la farine de blé, plus accessible. Dans certaines régions de Bretagne, on le préparait également salé, garni de lardons, pour en faire un plat complet. Cette version sucrée aux pruneaux s’est progressivement imposée comme la référence absolue. Le far breton a connu un regain de popularité dans les années 2000 grâce à la valorisation des recettes régionales et du patrimoine culinaire français. Aujourd’hui, il figure au menu de nombreuses crêperies et pâtisseries bretonnes, mais aussi dans les foyers français qui perpétuent cette tradition gourmande. Sa simplicité de réalisation et son goût réconfortant en font un dessert transgénérationnel, apprécié autant des enfants que des adultes nostalgiques.



